Le sud de la France est souvent associé au soleil et à la mer. C’est ainsi que Thierry, consultant en nouvelles technologies, 34 ans, pense à Toulon, sa ville natale : « nous sommes des gens très souvent associés à la mer, à la nature, en particulier les pins, les cigales, l'huile d'olive. Ce qui me manque le plus de ma région est le bruit des cigales ».

Thierry habite à Paris depuis 10 ans. Depuis, c’est surtout son cadre de vie qui a changé : « Dans le sud l'accès à la nature est beaucoup plus aisé, on peut aller à la mer, être dans la nature plus facilement, des grillades le soir - ça, ça me manque beaucoup - accéder à des espaces verts, à des propriétés ayant un jardin ».

 

Les Toulonnais « expatriés » à Paris, comme Thierry, sont nombreux. Avec quelques copains, il a créé en novembre 2004 l’association « Les Fanfarons ». Cette association est née avec l’intention de faire rencontrer les Toulonnais qui habitent à Paris. Créée par quatre-cinq copains, ils deviennent 100 en un mois. Mais d’où vient ce nom ? « Chez nous à Toulon il y a une colline qui s'appelle le Faron, donc on est fan du Faron, c'est un jeu de mots à la toulonnaise », nous explique Thierry. Le groupe Facebook est le relais naturel de l’association. Ils se retrouvent une fois par mois, pour passer une soirée ensemble, parler de Toulon, partager des expériences, mais aussi s’entraider. Les soirées se font toujours dans un endroit différent, pour qu’aucun membre ne soit pénalisé.

 

Pour la plupart des Provinciaux à Paris, qu’ils apprécient ou pas la ville, Paris c’est le travail, le stress, et leur ville d’origine représente la détente et le calme. En ce qui concerne Thierry, il se « trouve très bien à Paris », et il se sent « Parisien de vie et de professions », mais « Toulonnais dans l’âme ». « Quand votre vie se résume fortement à votre travail, on va dire que vous vous sentez bien là où est votre travail. J'aime beaucoup Toulon, mais dans l'état d'esprit dans lequel je suis actuellement, qui est celui de travailler pour une entreprise parisienne, c'est vrai que je suis content de remonter sur Paris ».

 

Alexandre, 28 ans, doctorant en biologie moléculaire et consultant en biotechnologies, a créé un groupe pour les Corses qui habitent à Paris. Son groupe, qui se veut « un espace de convivialité », compte presque 1 300 membres, car il a choisi le « bon moment pour le faire », quand encore «  il n’y avait pas mille trucs qui étaient proposés ».

 

Comme il nous explique, « il y a deux grandes catégories de gens qui viennent s’inscrire sur ce groupe. Tu as des gens qui sont Corses, ou qui connaissent bien la Corse et qui prennent plaisir à discuter avec d’autres Corses qui vivent dans la capitale depuis des années, et aussi des gens qui viennent de débarquer de l’ile et ont le reflexe de se dire “je connais personne ici, on va déjà voir s’il n’y a pas de gens de chez moi”. Pour caricaturer,  il y a les nostalgiques et ceux qui se sentent un peu perdus à Paris ».

 

Les membres de cette communauté se réunissent environ trois fois par an pour un diner qui a lieu le plus souvent dans un espace culturel corse parisien, « L’espace Cyrnea ». «Cette association, dont les locaux sont décorés comme un village corse, fait de la restauration, vend des livres, donne des cours de corse, organise des évènements culturels, etc. C’est vraiment une association qui est connue dans le monde de la Corse à Paris, parce qu’elle est animée par des passionnés, qui font ça vraiment avec le cœur et de manière très agréable ».

 

Le groupe Facebook « Corse à Paris » se veut libre et surtout pas contraignant pour ses membres. « C’est pas un réseau super structuré non plus comme une association classique, mais le networking c’est quelque chose qui est naturel chez les Corses, et finalement ça a créé pas mal de liens entre les gens. Les Corses partagent certaines valeurs comme l’entraide et l’hospitalité, et c’est bien plus ancien que ce qu’on peut appeler le networking ou le lobbying. Même sans connaitre une personne, c’est vrai qu’il y a un a priori favorable s’il vient du même coin que toi. Quand tu mélanges des réflexes assez culturels et traditionnels avec un outil simple et qui est hyper accepté par la population jeune, ça donne quelque chose d’assez sympa et efficace. Encore une fois il n’y a aucune autre prétention que de créer de la convivialité. Si les gens tissent des liens professionnels ou personnels grâce à notre groupe, tant mieux ! ».

 

Un autre trait commun à tous les Corses est leur attachement à l’ile. Alexandre explique que tout lui manque de la Corse, « la mer, la montagne, la charcuterie, l’esprit des gens, l’esprit de rigolade permanente (la "macagna"), quand tu es né là-bas, que tu y as vécu et que tu y retournes souvent, c’est tellement beau qu’en soi, ça me manque et honnêtement, la douceur de vivre et l’esprit de rigolade, oui, ça me manque. Je suis très bien à Paris, parce que cette ville m’a fait découvrir plein d’autres choses, c’est juste que je ne pourrais pas me passer de la Corse alors que je pourrais me passer de Paris ».

 

Cela montre bien que, quelque soit la raison qui les a amenés à Paris, quelque soit le niveau d’intégration, l’attachement à la région d’origine est important. En revanche le projet de retourner y vivre un jour est en partie lié à la force de l’identité régionale. Pour certains, comme Alexandre, l’attachement est tellement fort qu’ils n’imaginent pas de ne pas y retourner un jour.

 

 

Les adresses provençales à Paris

 

Le Sud
91 boulevard Gouvion Saint Cyr, Paris 17ème

 

Bistro des Cigales
12 rue Thouin, Paris 5ème

 

Les adresses corses à Paris

 

Casa di u Populu Corsu

5, rue du Général Leclerc, Issy les Moulineaux (92)

 

Restaurant Kalistea

54, rue Taitbout, Paris 9ème             

 

Espace Cyrnea

38, Allée Vivaldi, Paris 12ème

Rejoignez le groupe  « Fanfaron : Toulonnais exilés à Paris »

Rejoignez le groupe  « Corse à Paris »